Unité intérieure murale de climatisation sans goulotte apparente, dans un appartement en copropriété

Dans un appartement, la question n'est presque jamais l'unité intérieure : c'est le groupe extérieur. Où le poser, qui doit l'autoriser, et comment éviter un refus ? Voici ce que dit la loi, les étapes dans l'ordre et ce que nous voyons sur le terrain au Pays basque. Une précision d'emblée : un artisan peut vous aider à préparer un bon dossier, mais personne ne peut vous garantir l'accord de votre assemblée générale. Pour un premier ordre de prix de l'installation, le simulateur répond en deux minutes.

Ce que vous pouvez faire seul, et ce qui demande un accord

Chaque copropriétaire use librement de son logement, à condition de ne porter atteinte ni aux droits des autres ni à la destination de l'immeuble (article 9 de la loi du 10 juillet 1965). Mais sauf disposition contraire du règlement, le gros œuvre des bâtiments, donc la façade, fait partie des parties communes (article 3). Et des travaux qui touchent les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble doivent être autorisés par l'assemblée générale (article 25 b).

Votre projetCopropriétéMairie
Travaux uniquement à l'intérieur de votre logementPas d'autorisation si rien ne touche aux parties communesNon
Percer la façade, y fixer un support ou un groupe, y faire passer des liaisonsVote de l'assemblée généraleDéclaration préalable si l'aspect extérieur change
Poser le groupe sur un balcon ou une terrasseSelon le règlement (statut du balcon) et l'aspect extérieur : le plus souvent un voteDéclaration préalable si l'installation est visible
Immeuble en secteur protégéMêmes règlesAccord de l'architecte des Bâtiments de France

Le statut exact du balcon, des loggias ou des terrasses est fixé par votre règlement de copropriété : selon les immeubles, ils sont classés en parties privatives ou en parties communes dont vous avez l'usage.

Les étapes, du projet à la pose

1. Lire le règlement et interroger le syndic

Le règlement de copropriété peut encadrer l'emplacement, l'aspect ou le bruit des équipements extérieurs. Le syndic peut aussi avoir ses propres exigences de dossier. Mieux vaut les connaître avant de choisir le matériel.

2. La visite technique

C'est le moment de choisir l'emplacement du groupe, le passage des liaisons et un matériel adapté au bruit et à la façade. Elle sert aussi à réunir ce que l'assemblée devra examiner : la demande d'autorisation doit être accompagnée d'un document précisant l'implantation et la consistance des travaux (article 10 du décret du 17 mars 1967). Joindre la fiche technique avec les niveaux sonores aide aussi beaucoup.

3. Demander l'inscription à l'ordre du jour

Vous pouvez notifier votre question au syndic à tout moment. Elle est inscrite à la prochaine assemblée, ou à la suivante si elle arrive trop tard pour la convocation (même article).

4. Le vote en assemblée générale

L'assemblée se réunit au moins une fois par an (article 7 du décret) et la convocation part au moins 21 jours avant (article 9). L'autorisation est votée à la majorité des voix de tous les copropriétaires, pas seulement des présents. Si elle n'est pas atteinte mais que le projet obtient au moins un tiers des voix, un second vote a lieu immédiatement, à la majorité de l'article 24 (article 25-1).

5. Le procès-verbal et le délai de recours

Le syndic notifie le procès-verbal dans le mois qui suit l'assemblée. Les copropriétaires opposants ou absents disposent ensuite de deux mois pour contester une décision (article 42 de la loi). Attendre la fin de ce délai avant de commencer les travaux est une précaution raisonnable.

6. La mairie

Des travaux qui modifient l'aspect extérieur d'un bâtiment existant demandent en principe une déclaration préalable (article R*421-17 du code de l'urbanisme), instruite en un mois (article R*423-23). Depuis mars 2026, une pompe à chaleur posée en façade, comme une climatisation réversible, en est dispensée si elle n'est visible ni depuis le domaine public, ni depuis une voie ouverte au public, ni depuis un immeuble voisin ayant vue sur elle (article R*421-13).

Cette dispense ne vaut pas en secteur protégé. Dans un site patrimonial remarquable, ou aux abords d'un monument historique (en l'absence de périmètre délimité : immeuble visible du monument et situé à moins de 500 mètres), les travaux qui changent l'extérieur sont soumis à autorisation (article L632-1 du code du patrimoine, articles L621-30 et L621-32), avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France, éventuellement assorti de prescriptions ; son silence vaut accord (article L632-2). Le délai d'instruction passe alors à deux mois (article R423-24). Votre mairie vous dira si votre immeuble est concerné.

7. La pose

Une fois les accords obtenus, l'installation peut être planifiée. Au total, comptez souvent plusieurs mois entre le premier contact et la pose : c'est le calendrier de l'assemblée qui fixe le rythme.

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Où placer le groupe extérieur

  • Sur le balcon : c'est l'emplacement que les copropriétés demandent le plus souvent, avec aucune goulotte apparente en façade.
  • Sur une terrasse ou dans une cour, pour un appartement en rez-de-chaussée.
  • Sur une toiture-terrasse, si elle est accessible et si le règlement le permet ; les liaisons sont alors plus longues.

Dans tous les cas, nous suivons le règlement de copropriété et les demandes du syndic. Et le groupe doit garder les distances de dégagement prévues par sa notice, rester accessible pour l'entretien, et son eau de condensation doit être évacuée sans couler sur le balcon ou la terrasse du dessous. Nos repères pour le rendre discret sans gêner l'appareil sont dans l'article cacher le groupe extérieur d'une clim.

Pourquoi les assemblées refusent, et comment l'éviter

Les deux motifs de refus que nous rencontrons le plus sont le bruit et l'aspect de la façade.

  • Le bruit : choisir un appareil silencieux, le placer loin des fenêtres et des terrasses voisines, et joindre au dossier la fiche technique du fabricant avec ses niveaux sonores. Rappelons qu'aucun bruit ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage (article R1336-5 du code de la santé publique).
  • La façade : groupe sur le balcon plutôt qu'en façade, liaisons qui passent à l'intérieur ou dans le mur plutôt qu'en goulotte, éventuellement un habillage.

Ce que nous faisons pour vous

Nous ne préparons pas systématiquement la demande à l'assemblée générale à votre place, mais nous pouvons vous accompagner en tenant compte des exigences propres à chaque syndic et à chaque règlement de copropriété. Surtout, nous vous aidons à choisir le matériel adapté : des appareils silencieux et des solutions esthétiques, pour présenter un projet qui répond d'avance aux objections habituelles. La décision, elle, appartient à votre assemblée.

Exemple : un T4 en copropriété à Anglet

Unité intérieure murale Mitsubishi Electric dans un appartement en copropriété à Anglet
Une des unités intérieures murales, sans goulotte apparente.

Dans un T4 du quartier Quintaou, la contrainte principale était le bruit. Nous avons choisi un tri-split Mitsubishi Electric haut de gamme, de la gamme AY, pour son fonctionnement très silencieux, avec des liaisons entièrement encastrées dans les murs : aucune goulotte apparente dans les pièces. Le groupe extérieur a été placé en accord avec le règlement de copropriété.

Photos et détails : réalisation à Quintaou.

Quand aucun groupe extérieur n'est autorisé : le monobloc

Certaines copropriétés refusent tout groupe extérieur. Il reste alors le climatiseur monobloc, un appareil réversible qui regroupe tout dans un seul boîtier posé contre le mur intérieur. Exemple : le Sinclair ASM-10BI. D'après sa notice et sa fiche technique :

  • Pas de groupe extérieur : deux carottages de 180 mm dans le mur extérieur, plus un petit trou de 25 mm pour l'évacuation des condensats.
  • Deux grilles extérieures fournies ferment les carottages côté façade.
  • Puissance : 2,9 kW en froid, 2,6 kW en chaud ; classe énergie A en froid et A+ en chaud ; pour une pièce de 20 à 25 m².
  • Bruit intérieur : 38 à 47 dB(A) à 1 mètre selon la vitesse.

Ses vraies limites

  • Il fait du bruit dehors aussi : 58 dB(A) à 1 mètre côté extérieur, selon la fiche du fabricant. Le bruit ne disparaît pas avec le groupe extérieur.
  • Plus bruyant à l'intérieur qu'un split, puisque tout l'appareil, compresseur compris, est dans la pièce : 38 à 47 dB(A) à 1 mètre selon la fiche du fabricant.
  • Un rendement plus faible qu'un split : la fiche indique un EER de 2,6 en froid et un COP de 3,6 en chaud.
  • Une épaisseur de mur limitée : la notice indique un fonctionnement optimal sur un mur de 24 cm d'épaisseur au maximum. Il se pose obligatoirement sur un mur extérieur et rejette l'air directement à travers ce mur.
  • Des autorisations toujours nécessaires, en principe : les carottages touchent la façade et les grilles restent visibles. Il faut donc, comme pour un groupe extérieur, l'accord de l'assemblée et une déclaration en mairie.

C'est une solution de repli honnête quand le split est impossible, pas une façon d'échapper aux autorisations.

Questions fréquentes

Faut-il l'accord de la copropriété pour poser une clim sur mon balcon ?

Le plus souvent, oui. Dès que l'installation touche la façade ou les parties communes (percement, fixation, passage des liaisons) ou modifie l'aspect extérieur de l'immeuble, il faut une autorisation votée en assemblée générale. Le statut du balcon lui-même dépend de votre règlement de copropriété : c'est le premier document à lire.

Quelle majorité faut-il en assemblée générale ?

La majorité des voix de tous les copropriétaires, présents ou non (article 25 de la loi du 10 juillet 1965). Si le projet n'atteint pas cette majorité mais recueille au moins un tiers des voix, un second vote a lieu immédiatement, à une majorité plus facile à atteindre (article 25-1).

Combien de temps faut-il compter ?

C'est surtout le calendrier de l'assemblée qui fixe le rythme : elle se réunit au moins une fois par an, la convocation part au moins 21 jours avant, puis le procès-verbal est envoyé dans le mois et un délai de recours de deux mois s'ouvre. Côté mairie, une déclaration préalable est instruite en un mois, deux en secteur protégé. Comptez donc souvent plusieurs mois entre l'idée et la pose.

Que faire si l'assemblée refuse ?

Regardez d'abord le motif : le bruit et l'aspect de la façade sont les plus fréquents. Un projet revu (appareil plus silencieux, autre emplacement, liaisons invisibles) peut être présenté à une assemblée suivante. Pour contester une décision, le délai est de deux mois après la notification du procès-verbal : c'est une question juridique, à voir avec un professionnel du droit.

Faut-il aussi une déclaration en mairie ?

Oui si les travaux modifient l'aspect extérieur du bâtiment. Depuis mars 2026, une pompe à chaleur posée en façade en est dispensée si elle n'est visible ni de la rue ni d'un immeuble voisin, sauf en secteur protégé. Les deux démarches sont indépendantes : l'accord de la copropriété ne remplace pas celui de la mairie, et inversement.

Une clim sans unité extérieure dispense-t-elle d'autorisation ?

Non, en principe. Un climatiseur monobloc demande deux carottages dans le mur extérieur et laisse deux grilles visibles en façade : on touche aux parties communes et à l'aspect de l'immeuble. Il faut donc, en principe, l'accord de l'assemblée et une déclaration en mairie, comme pour un groupe extérieur.

Sources

Votre projet en copropriété

Parlons de votre appartement

Lors de la visite technique, nous regardons avec vous l'emplacement possible, le matériel adapté et ce dont votre syndic aura besoin. Voir aussi notre page installation, et nos pages Anglet, Biarritz et Bayonne.

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